Peace

La Pologne entre hier et demain

by Catherine Billet
Déléguée Générale, Pax Christi France

A quelques-uns, nous avons quitté la France, l’Europe de l’Ouest, pour aller vers cette Europe de l’Est qui interroge tant aujourd’hui la communauté européenne. Nous sommes donc partis pour apprendre la Pologne, et nous sommes arrivés dans « ce drôle de pays, à l’est de l’Ouest et à l’ouest de l’Est ». Nous sommes arrivés en Europe centrale, et ce fut notre première surprise !

Son rapport à l’histoire, une histoire écrite entre gloire et disparition, grandeur et trahison fut notre deuxième surprise ! On ne peut comprendre la Pologne d’aujourd’hui sans écouter son histoire mais une histoire relue à la lumière de cette place si particulière qui est la sienne au centre de l’Europe.

« La France s’intéresse à la Pologne, vous êtes là aujourd’hui !». La chaleur de l’accueil témoigne du désir de lien, de reconnaissance sans doute, mais révèle aussi les traces de blessures et de trahisons inscrites dans l’histoire tourmentée de la Pologne.

Cette aventure débute au Xe siècle et atteint son apogée aux XVe et XVIe siècles sous la dynastie des Jagellons, après l’union du Royaume de Pologne et du Grandduché de Lituanie. La Pologne devient alors le plus vaste état d’Europe avant de se perdre jusqu’à disparaître à la fin du XVIIIe siècle, partagée entre la Prusse, l’Autriche et l’Empire russe.

Le XXe siècle, même s’il voit la renaissance de la Pologne en 1918, n’en sera pas moins particulièrement destructeur pour sa diversité ethnique, sociale et culturelle. Lors du désastre de la seconde guerre mondiale, outre le génocide nazi qui a presque totalement
éradiqué la communauté juive de Pologne, la plus importante d’Europe, d’autres actes d’épuration ethnique ont eu lieu. Ce sera la perte de 6 millions d’habitants. A cela a succédé le communisme, avec comme conséquence, la disparition de toute la classe médiane de la population…

Pour en savoir plus, cliquez ici et faites défiler jusqu’à la page 2.

https://www.rethinkworship.com/wp-content/uploads/2014/12/648949_74022536.jpg
Advent, Peace Spirituality

Une réflexion de l’Avent

par Msgr Stenger, évêque président de Pax Christi France

Heureux les doux ’est la béatitude qui est peut-être la plus opposée aux valeurs de notre société. Aujourd’hui nous avons tendance à privilégier la compétition, la lutte pour faire sa place au soleil et à nous laisser aller facilement à l’agressivité. Et la «douceur » est assimilée à la faiblesse ou à l’incapacité de s’affirmer. Jésus, qui s’est lui-même défini comme «doux et humble de cœur » (Mt 11, 29), nous offre de la douceur une autre image que celle de la mièvrerie et de l’impuissance. Il accueille avec douceur tous ceux qui se présentent à lui, y compris les pécheurs à qui il tend la main. Mais il est aussi un homme qui «parle avec autorité» , il chasse les démons, il répond fermement à ceux qui lui font procès. Et dans le même temps il ne réplique pas à l’insulte ni aux coups. Il prêche la non-violence et l’amour des ennemis (Mt 6, 44) et empêche Pierre de le défendre par l’épée. Ce n’est pourtant pas de la faiblesse qu’il manifeste. Sa douceur est l’expression de la force intérieure que lui donne l’Esprit de Dieu dont il est rempli. Pendant ce temps de l’Avent et de Noël c’est sur le Message du 1er janvier 2017 du pape François : «La non-violence style d’une politique pour la paix» que nous voulons centrer notre méditation, car il nous ouvre un chemin de paix, paix personnelle, paix entre les nations et les peuples. On se méprend parfois sur le sens de cette non-violence. Elle n’est pas idéologique, elle est mystique. Elle s’explicite dans cette mystique de la douceur à laquelle nous appelle le Christ : il s’agit de renoncer aux armes de la violence, de l’agressivité, il s’agit de quitter le registre du rapport de forces ; la douceur implique un accueil humble du réel, dans le respect de chaque être qui en fait partie et du mystère de sa liberté. La douceur est un fruit de l’Esprit (Ga 5, 22), susceptible de transformer toute personne et toute relation. Le fait de renoncer à l’arrogance, à la volonté de puissance, fraie le chemin de la compréhension de l’autre et ouvre la voie à la miséricorde. Dieu n’a pas voulu rester juge, il s’est fait homme, cloué sur une croix, nu et impuissant, offrant à l’homme pour dernier mot la douceur du «Père, pardonneleur…» . C’est ainsi que le Christ a instauré parmi nous son Royaume de justice et de paix et transformé le sens de notre histoire. Que ce temps de préparation à l’accueil du Prince de la Paix nous convertisse à la douceur et à l’humilité de cœur.