Peace, Peace Spirituality

Homélie de Mgr Stenger à la Marche pour la Paix de Landevennec le 1er janvier 2019

par Mgr Marc Stenger, Pax Christi France

stengerEn ce matin du 1er janvier, pour commencer l’année, nous célébrons Sainte Marie, Mère de Dieu, car c’est elle qui nous a donné l’auteur du Salut qui accompagnera notre route tout au long de cette année. En ce matin du 1er janvier, pour commencer l’année nous avons marché avec le Prince de la Paix pour qu’advienne et s’accroisse la paix dans nos maisons, dans nos familles, dans nos nations, sur notre terre.Chaque Eucharistie, à commencer par celle-ci, est pour nous l’occasion d’accueillir le don de la paix de Dieu qui prend corps en Jésus Ressuscité et d’en faire avec lui notre feuille de route. Au début de cette Eucharistie, nous voulons reconnaître tout ce qui dans nos vies fait obstacle à cette feuille de route.

« Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il se penche vers toi ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix ! ». Comme elle est belle cette bénédiction que nous offre la liturgie d’aujourd’hui, dans le livre des Nombres que nous venons d’entendre ! C’est le souhait le plus grand, le souhait de l’Eglise pour chacun de nous, déclare le pape François dans son homélie de la messe du 1er janvier 2014, le souhait que nous devrions faire les uns pour les autres.

Il est significatif de réécouter ces paroles de bénédiction au commencement d’une année nouvelle. Elles avaient été données par Dieu à Moïse pour son peuple. Elles nous sont offertes pour accompagner notre chemin en ce temps qui s’ouvre devant nous. Ce sont des paroles de force, de courage, d’espérance. Non pas une espérance illusoire fondée sur de fragiles promesses humaines, ni une espérance naïve qui imagine un avenir meilleur seulement parce qu’il est l’avenir. Mais une espérance fondée sur la rencontre du visage de Dieu dans notre histoire humaine…

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Advent, Peace Spirituality

Une réflexion de l’Avent

par Msgr Stenger, évêque président de Pax Christi France

Heureux les doux ’est la béatitude qui est peut-être la plus opposée aux valeurs de notre société. Aujourd’hui nous avons tendance à privilégier la compétition, la lutte pour faire sa place au soleil et à nous laisser aller facilement à l’agressivité. Et la «douceur » est assimilée à la faiblesse ou à l’incapacité de s’affirmer. Jésus, qui s’est lui-même défini comme «doux et humble de cœur » (Mt 11, 29), nous offre de la douceur une autre image que celle de la mièvrerie et de l’impuissance. Il accueille avec douceur tous ceux qui se présentent à lui, y compris les pécheurs à qui il tend la main. Mais il est aussi un homme qui «parle avec autorité» , il chasse les démons, il répond fermement à ceux qui lui font procès. Et dans le même temps il ne réplique pas à l’insulte ni aux coups. Il prêche la non-violence et l’amour des ennemis (Mt 6, 44) et empêche Pierre de le défendre par l’épée. Ce n’est pourtant pas de la faiblesse qu’il manifeste. Sa douceur est l’expression de la force intérieure que lui donne l’Esprit de Dieu dont il est rempli. Pendant ce temps de l’Avent et de Noël c’est sur le Message du 1er janvier 2017 du pape François : «La non-violence style d’une politique pour la paix» que nous voulons centrer notre méditation, car il nous ouvre un chemin de paix, paix personnelle, paix entre les nations et les peuples. On se méprend parfois sur le sens de cette non-violence. Elle n’est pas idéologique, elle est mystique. Elle s’explicite dans cette mystique de la douceur à laquelle nous appelle le Christ : il s’agit de renoncer aux armes de la violence, de l’agressivité, il s’agit de quitter le registre du rapport de forces ; la douceur implique un accueil humble du réel, dans le respect de chaque être qui en fait partie et du mystère de sa liberté. La douceur est un fruit de l’Esprit (Ga 5, 22), susceptible de transformer toute personne et toute relation. Le fait de renoncer à l’arrogance, à la volonté de puissance, fraie le chemin de la compréhension de l’autre et ouvre la voie à la miséricorde. Dieu n’a pas voulu rester juge, il s’est fait homme, cloué sur une croix, nu et impuissant, offrant à l’homme pour dernier mot la douceur du «Père, pardonneleur…» . C’est ainsi que le Christ a instauré parmi nous son Royaume de justice et de paix et transformé le sens de notre histoire. Que ce temps de préparation à l’accueil du Prince de la Paix nous convertisse à la douceur et à l’humilité de cœur.