Nonviolence, Peace

Nous devons promouvoir la paix a tout prix!

par Pere Godefroid Mombula,
Directeur du CIC

(a l’occasion de l’ouverture de l’atelier de formation des formateurs du reseau Pax Christi des Grands Lacs, Kinshasa, 18-22 aout 2019)

Monsieur le coordinateur régional de Pax Christi International pour l’Afrique, et mesdames et messieurs les participants:

Il m’est un grand plaisir et un grand honneur de me mettre devant vous pour vous adresser ce petit mot de bienvenue. Je le fais d’abord en ma qualité du directeur du CIAM-Afrique, une des organisations partenaires de Pax Christi International. Ensuite, je me mets devant vous en ma qualité de membre du comité directeur de Pax Christi International. Pour exprimer mes sentiments je n’ai que des mots. Malheureusement, les mots ne traduisent pas toujours fidèlement tout ce qui est dans le cœur de l’homme. Puisque c’est l’instrument que la nature et la culture ont mis à notre portée, je l’utilise tout de même malgré son imperfection pour vous exprimer mes sentiments de fraternité et d’amitié à vous tous ici présents: sentez-vous chez vous!

Mesdames et messieurs les participants,

Nous sommes réunis ici dans le cadre d’un atelier de formation des formateurs du réseau Pax Christi des Grands Lacs dont les objectifs sont:

  1. Apprendre les méthodes d’actions non violentes, à être artisan de paix et à les appliquer aux problèmes auxquels on est confronté;
  2. Aider les candidats-formateurs à découvrir en eux cette force de vie intérieure, libératrice et transformatrice des injustices;
  3. Connaître le réseau Pax Christi des Grands Lacs, son projet et son exécution; concevoir des outils de gestion de ce projet;
  4. Entrepreneuriat des jeunes: création et gestion des AGR.

Mesdames et messieurs les participants,

Comme vous le savez peut être, Pax Christi International est une organisation catholique non gouvernementale pour la paix. Elle a été fondée en 1945 après la seconde guerre mondiale comme mouvement de réconciliation entre les français et les allemands. En effet, l’année prochaine en mai 2020, PCI fêtera ses 75 ans d’existence. Cependant, l’aspiration pour la paix est encore loin d’être réalisée. Des conflits persistent; pensez au cycle de violences et de guerres dans la Région des Grands Lacs.

Nous avons besoin désespérément de la paix: « Pax vobis » (Luc 24, 36). Ce sont les paroles de Jésus adressées à ses disciples après la résurrection. Ces paroles ont été utilisées par les pères de l’Eglise et continuent à être utilisées dans la liturgie catholique dans l’échange de paix. Le monde, loin d’avoir besoin de la nourriture d’abord, le monde et surtout la Région des Grands Lacs ont plus besoin de la paix. Si nous avons la paix, nous aurons la nourriture pour tout le monde.

Mesdames et messieurs les participants,

Permettez-moi de vous raconter une histoire qui me parait très suggestive. L’histoire est écrite par un certain Mr. Nassan:

“There is a huge statue of Christ holding a cross on the Andes, between the countries of the Argentine and Chile. The story of that statue is worth knowing. Once the Argentine and Chile were about to go to war with one another. They were quarreling over some land which each said belonged to them. So both countries started to prepare for war. Then on Easter Sunday, bishops in Argentine and Chile began to urge peace. They went round their countries crying out for peace in the name of Christ. The people did not want war and in the end they made their governments talk peace with one another, instead of war. … The big guns, instead of being used for fighting, were melted down and made into the great big bronze statue of Christ. It now stands on the mountains between the two countries.”

Mesdames et messieurs les participants,

Nous devons promouvoir la paix à tout prix. La paix n’est pas conquise par la force, elle est plutôt l’aboutissement d’une compréhension d’ensemble. Albert Einstein disait: « Peace cannot be kept by force. It can only be achieved by understanding ». C’est malheureux que notre monde et surtout la Région des Grands Lacs puissent sombrer dans une recrudescence de violences et de guerres pendant que la jeunesse est là, croisant les bras. En effet, la jeunesse est une période de la vie qui devrait plutôt nous donner l’opportunité d’accomplir quelque chose de neuf et de devenir un nouvel homme: « Rien n’est trop difficile pour la jeunesse », dit-on. Nous espérons que la paix est possible pourvu que la jeunesse s’y engage. Et le moyen pour y arriver c’est la non-violence. Mohandas Gandhi déclarait: « My religion is based on truth and non-violence. Truth is my God and non-violence is the means to reach Him ».

Que vive Pax Christi International! Que vive la paix dans la Région des Grands Lacs! J’ai dit et je vous remercie!

Peace

Aperçus de “Les jeunes et leur impact social” à Riyad

by Marino Ficco
Pax Christi International Deputy Representative at UNESCO in Paris

[Editor’s note: An English version is available by clicking here.]

Le 3-4 mai j’ai eu l’honneur de représenter Pax Christi International au Forum des ONG du Comité de Liaison de l’UNESCO qui se déroulait à Riyad, en Arabie Saoudite. Le thème de ce forum était « Youth and their social impact ».

La participation à ce genre de forums est très importante car elle nous permet de rencontrer des hommes et des femmes venant du monde entier qui désirent écouter et raconter des projets mais aussi partager des expériences pour essayer de constituer des partenariats, renforcer nos actions et améliorer notre démarche.

Mais pourquoi faire celui-ci en Arabie Saoudite me direz-vous? Pour la première fois le forum a été organisé en partenariat avec une Fondation : la Misk Foundation fondée par le prince Mohammed bin Salman bin Abdulaziz Al Saud, qui est aussi ministre de la défense et le responsable de l’intervention militaire au Yémen qui a causé la mort d’environ 10 000 civils, plus de 3 millions de déplacés et l’une des pires famines de l’histoire du pays. La conséquence de ce partenariat inédit a été le financement de la totalité des frais de participation au forum. La Misk Foundation a payé la totalité du voyage, dont l’hôtel et les déplacements à des centaines de délégués venant de 70 pays différents.

Il était très important de participer à ce Forum car les occasions de visiter l’Arabie Saoudite sont rares et il est très difficile d’entrer en contact avec les jeunes et la société civile saoudienne qui essayent d’améliorer leur situation. Après un jour de socialisation dans l’impressionnant « Nofa Resort », une véritable oasis artificielle en plein désert dotée d’un hippodrome, d’un hôtel de luxe, mais aussi d’un zoo, d’un safari, d’un golf, de terrains de foot et de tennis, d’un lac artificiel, d’une piste de go-kart, de champs cultivés etc.…le forum commence !!

Afin de vous aider à vous représenter au mieux ce forum voici quelques informations descriptives. La partie centrale de la salle était consacrée aux hommes. Les femmes pouvaient prendre place à la gauche de la scène. Des plantes visiblement discrètes étaient là pour symboliser ladite « frontière ». Cependant quelques femmes ont décidé de s’installer parmi les hommes. Certaines dans un souci de visibilité car on voyait mieux au centre. D’autre considérait injuste cette séparation. En ce qui concerne le dress code, aucune obligation pour les hommes et abaya (vêtement noir qui couvre le corps) fortement conseillée pour les femmes.

Après les discours de rite, l’économiste Jacques Attali, ancien conseiller de Mitterrand et président de Positive Planet, a introduit le fil rouge du forum : l’engagement des jeunes et leur potentiel pour le changement social. Un discours de la ministre des Emirats Arabes Unis, Noura Al Kaabi, a fait la transition pour le premier panel d’experts.

L’après-midi j’ai participé à un « workshop » sur le rôle des jeunes dans la protection du patrimoine culturel. Parmi les participants il y avait beaucoup d’étudiantes saoudiennes et à la fin d’une heure d’échange nous avons fait des propositions concrètes qui seront évaluées par les organismes compétents de l’UNESCO. Après l’interventions de deux experts de l’UNESCO nous avons travaillé en équipes d’une dizaine de personnes. On échangeait en anglais et chacun partageait une expérience, un projet ou une idée. Après les avoir confrontés avec une autre équipe, chaque groupe a fait une proposition. Mon groupe a présenté un projet de sensibilisation des jeunes à travers des animations qui pourraient avoir lieu dans les places des villes principales.

Le soir nous avons pu visiter le musée national qui permet de découvrir l’histoire de l’Arabie des origines jusqu’à l’arrivée de la dynastie saoudienne. Il s’agit d’un musée moderne et très intéressant, qui a la faiblesse d’être un instrument au service de la propagande à plusieurs reprises.

Le deuxième jour du forum Jimmy Wales, le fondateur de l’encyclopédie en ligne Wikipédia, nous a raconté l’histoire de son site. Dans l’après-midi la discussion s’est tournée sur le rôle de l’éducation pour créer un futur durable. Comment traiter un sujet aussi important en 50 minutes ? Pendant ce temps-là Sarah Toumi a présenté son projet Acacias pour Tous dans le cadre duquel on plante des arbres en Tunisie pour bloquer la déforestation et on essaye de diffuser les bonnes pratiques de la permaculture et de l’agroforesterie.

Le professeur Charles Hopkins a expliqué les principes du «Education for Sustainable Development Toolkit » qui se fonde sur l’idée que les communautés et les systèmes éducatifs doivent créer ensemble des parcours qui permettent d’atteindre le développement ; parmi les autres intervenants on peut citer Grace Mwaura qui a parlé du rôle des jeunes africains dans le recherche de solutions pour faire face à la crise environnementale que nous vivons.

Dans l’après-midi j’ai participé à un autre « workshop » sur l’égalité entre les femmes et les hommes. Après une demi-heure d’échange entre les deux intervenants, une femme sud-africaine a demandé à parler de la situation des femmes en Arabie Saoudite. Beaucoup de femmes ont alors pris la parole pour raconter leur opinion, leur expérience et leurs rêves. Selon certaines saoudiennes, les femmes ont plus de droits en Arabie qu’en Europe ; d’autres n’étaient pas d’accord. A la fin nous avons échangé de propositions concrètes pour essayer de sensibiliser la société autour de ces questions.

Dans les semaines qui viennent vous pourrez découvrir un article plus détaillé avec le contenu des interventions et avec quelques informations supplémentaires sur ce pays très beau et méconnu.