Social Issues

Les allié.e.s de la lutte antiraciste: Partie 2

par Betel Mabille, BePax

La première partie de cette analyse (disponible également sur ce site) faisait le point sur la question des allié.e.s blanc.he.s dans les luttes antiracistes notamment via le volet du militantisme. Mais la question des allié.e.s se trouve également à d’autres niveaux. La suite de cette analyse propose d’aborder la question des allié.e.s travaillant dans les associations de lutte contre le racisme.

Travailler dans une association de lutte contre le racisme en tant que blanc.he est un statut particulier qui touche à plusieurs questions dont celles de la rémunération mais également de la légitimité. S’il est évidemment possible d’être blanc.he.s et de travailler dans une association de lutte contre le racisme, il est également important de connaître sa position, ses privilèges et comment s’en servir pour faire avancer la cause.

En Belgique francophone, comme en France, ce sont les associations de lutte contre le racisme composées en majorité de personnes blanches qui obtiennent des financements. C’est un fait. Avec de l’argent, il est plus facilement possible de dégager du temps et des ressources matérielles.

Ce que ces associations n’ont pas, c’est le vécu. Elles ont la théorie et les livres écrits sur le racisme mais elles n’ont pas le vécu quotidien et systématique du racisme. Parfois elles n’ont même pas conscience de leur propre racisme et de la perpétuation de celui-ci[1]. Elles n’ont pas la motivation de changer le monde provenant de leur propre survie. Il s’agit d’un travail. Il est évidemment possible d’être passionné.e et motivé.e par son travail mais les personnes racisées quand elles luttent contre le racisme, elles luttent pour leur vie et leur survie. Des gens meurent du racisme, ce n’est pas un sujet anodin…

Lisez le reste de l’article en cliquant ici.

Social Issues

Les allié.e.s de la lutte antiraciste: Partie 1

par Betel Mabille, BePax

Le lundi 13 mai 2019, l’humoriste Fary a entamé son discours lors de la cérémonie des Molière par « Salut, les blancs ». Les réactions dans le public étaient divisées. D’un côté, certain.e.s blanc.he.s riaient, de l’autre certain.e.s semblaient surpris.e.s. Il est en effet rare qu’une personne s’adresse directement au groupe social « blanc » les renvoyant ainsi à leur position dans le système et ici, dans leur rôle lors de la cérémonie des Molière. C’est pourtant ce que cette analyse va faire en expliquant la manière dont les personnes blanches peuvent lutter contre le racisme, notamment grâce à leur place « d’allié.e.s ».

Comment militer contre le racisme lorsque l’on n’est pas concerné.e ? Comment lutter contre le racisme lors que l’on est blanc.he ? Ces questions semblent superficielles et pourtant, les personnes blanches ont un rôle à jouer dans la lutte contre le racisme. Mais ce rôle est délicat et nécessite chez elles une grande remise en question qui peut parfois être douloureuse.

1.       Qu’est-ce qu’un.e allié.e ?

Dans le monde militant, une personne alliée est une personne qui ne subit pas une oppression mais qui va s’associer aux personnes qui en sont victimes pour combattre ensemble le système. Cette définition est la définition classique de « l’allié.e » et recouvre ainsi tous les domaines de lutte et militants qui existent. Que cette lutte soit contre le racisme, le sexisme, l’homophobie, la transphobie ou autre, la personne alliée est celle qui ne vit pas les discriminations mais qui en a conscience et souhaite mettre des choses en place pour les combattre.

Le concept d’allié.e est dès lors à associer à la question des privilèges. Une personne ayant des privilèges dans un domaine en particulier (la classe, la race, le genre, etc.) pourrait accompagner, être allié.e, des personnes qui, à l’inverse, subissent un système mis en place pour les maintenir en bas de l’échelle sociale…

Lisez le reste de l’article en cliquant ici.